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Où l’on découvre une collaboration réussie !
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1947, le frère Rayssiguier sort ravi de sa discussion ! Il a de quoi : il vient de convaincre l’un des plus célèbres artistes de son temps, Henri Matisse, de concevoir le décor de la nouvelle chapelle de Vence, près de Nice. Le Maître connaît déjà bien la ville et le frère en est certain : ce projet peut s’inscrire dans le renouveau de l’art sacré, mouvement initié avant-guerre.
Démarre alors un travail acharné, puisqu’il décide de se charger de toute la chapelle, depuis la flèche jusqu’aux nappes de l’autel. Mais ce qui nous intéresse, ce sont ses vitraux. Matisse veut un bleu outremer, un vert bouteille et un jaune citron.
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Magasin des verres, Verrerie de Saint-Just, s.d. © DR / Archives de Saint-Gobain
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Cette dernière couleur est très difficile à obtenir et demande la compétence des meilleurs maîtres verriers.
Par l’intermédiaire du père Couturier, spécialiste de l’art religieux, c’est la Verrerie de Saint-Just, participation de Saint-Gobain, qui y travaillera. Couturier y connaît déjà Eugène Gentil, ingénieur et membre du comité d’administration.
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Henri Matisse, Vitraux de la chapelle de Vence, 1951. Photo : © Isabelle Giovacchini, La Chapelle Matisse, Adagp, Paris, 2025
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Cette verrerie réputée, qui souffle toujours le verre à l’ancienne, est experte dans les verres de couleur. Une véritable collaboration s’engage, entre expertise technique, religieuse et artistique.
Couturier se rend à l’usine à plusieurs reprises et fait livrer à Matisse quantité d’échantillons qu’il inspecte avec minutie. Après des mois de recherche, le résultat est là ! L’innovation, c’est que le verre est dépoli à la vapeur d'acide au lieu d’utiliser du sable ou de l’émeri, pour le rendre translucide.
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Soufflage du verre à la bouche à la Verrerie de Saint-Just-sur-Loire, 1937 © Roger Schall - SCHALL COLLECTION / Archives de Saint-Gobain
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Témoignages de l’amitié qui s’est nouée, Matisse écrira "M. Gentil, qui est décidément un véritable ami, a mis les laboratoires de « Saint-Gobain » à notre disposition", et ce dernier a pu lui répondre : "qui aurait pu en tirer mieux parti que vous ?".
Le vitrail principal, inspiré du thème de l'Arbre de vie, demeure le témoin d’une riche collaboration artistique et industrielle. Son jaune citron unique, qui a marqué l’histoire du vitrail, baigne toujours de sa lumière la chapelle des Rosaires, ou "chapelle Matisse".
L’artiste sera malheureusement trop épuisé par l’effort pour se rendre à l’inauguration le 25 juin 1951… Il fera donc lire une lettre où il explique que cette chapelle est son chef-d’œuvre. Un chef d’œuvre rendu possible grâce à la verrerie de Saint-Just.
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Lettre d’Eugène Gentil à Henri Matisse le 31 octobre 1950
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Fondée en 1826 comme verrerie à bouteilles, la Verrerie de Saint-Just est reconnue pour son savoir-faire dans le verre coloré. Encore en activité, elle fêtera ses deux siècles l’année prochaine. Eh oui, encore un anniversaire. Les Archives de Saint-Gobain ont profité de l’occasion pour soutenir la réalisation de la thèse de doctorat en histoire de l’art de Rachel Debiée, via un contrat CIFRE. En 2026, elle soutiendra ses travaux, qui ont permis d’approfondir l’histoire de la verrerie et de ses savoir-faire. Ceux-ci vont enrichir l’exposition consacrée à la verrerie, qui se tiendra au Musée des Civilisations à Saint-Just-sur-Loire et à laquelle nous collaborons. Une belle manière de faire honneur aux souffleurs qui ont su perpétrer leur tradition.
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Vue d’ensemble de la Verrerie de Saint-Just-sur-Loire, années 1950-1960 © DR / Archives de Saint-Gobain
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